L’installation d’un puits canadien est la solution la plus efficace pour préchauffer l’air en hiver et rafraîchir sa maison naturellement en été. En hiver, quand il fait -7°C dehors, l’air entre dans votre système à 12°C. Pour réussir à installer un puits canadien soi même, il faut maîtriser le terrassement et le choix des matériaux. Voici mon retour d’expérience après 10 ans d’utilisation.
Quel est le prix d’un puits canadien en auto construction
Budget pour les matériaux et la VMC
Le coût est souvent le premier frein, mais en le faisant soi-même, on divise la facture par trois. Pour mon installation, j’ai compté :
1500 euros pour le réseau extérieur (gaine PEHD, regards, joints).
1500 euros pour la VMC double flux haut rendement.
- 50 euros pour la borne d’entrée d’air fabriquée maison. Au total, le projet revient à 3000 euros hors terrassement. Pour voir le détail des produits que j’ai utilisés, rendez-vous à 01:14 de ma vidéo YouTube.
Économiser sur la borne d’entrée d’air
Une borne en inox du commerce peut coûter jusqu’à 600 euros. Pour réduire les frais, j’ai fabriqué ma propre bouche d’entrée avec une buse en terre cuite de 1,20 mètre de haut. L’astuce consiste à utiliser des matériaux simples comme des boisseaux de clôture, à condition de bien protéger l’entrée avec un chapeau et une grille. J’explique cette fabrication maison à partir de 02:44. Si vous débutez dans ce type de travaux, n’oubliez pas de consulter mon guide sur le kit de bricolage débutant pour avoir les bons outils sous la main.
Quel tuyau utiliser pour un puits canadien sans danger

Zoom sur la gaine PEHD alimentaire de 200 mm
Pourquoi choisir le PEHD alimentaire
Le choix du tuyau est primordial pour votre santé. Il ne faut surtout pas utiliser de PVC de gouttière ou de gaine TPC rouge car ils dégagent des substances toxiques au passage de l’air. J’ai opté pour une gaine PEHD de 200 mm de diamètre intérieur. Ce matériau présente des caractéristiques essentielles :
Un intérieur lisse pour éviter les dépôts de poussière et les pertes de charge.
Un traitement antibactérien pour un air pur garanti.
- Une étanchéité parfaite contre l’humidité du sol. C’est la seule solution pour garantir un air sain dans les pièces de vie. Je détaille les risques des mauvais matériaux à 03:42. Vous pouvez trouver une gaine PEHD conforme sur le Web.
Éviter les bactéries et l’humidité
Contrairement aux idées reçues, un puits canadien ne crée pas de moisissures s’il est bien posé. Le secret réside dans une mise en œuvre rigoureuse :
Respecter une pente de 2 % sur toute la longueur du tuyau.
Utiliser un regard de collecte au point le plus bas pour les condensats.
- Évacuer l’eau avec une pompe de relevage adaptée pour éviter l’eau stagnante. Pour comprendre comment j’ai évité toute trace d’humidité et d’odeur en 10 ans de fonctionnement, allez voir les explications à 05:42.
Terrassement et schéma de pose du réseau

Schéma de principe d’un puits canadien : l’air extérieur circule dans une conduite enterrée pour être rafraîchi en été et préchauffé en hiver avant d’entrer dans la maison.
Profondeur et longueur de la tranchée
Pour capter une température stable de 13°C toute l’année, l’inertie thermique de la terre est votre meilleure alliée. Voici mes préconisations :
- Creuser entre 1,50 m et 2,20 m de profondeur minimum.
- Poser 50 mètres de gaine en une seule longueur pour maximiser l’échange.
- Éviter les raccords inutiles qui sont des sources de fuites potentielles. Retrouvez mes conseils de terrassement en images à 11:06.
- Si vous avez besoin de valider vos calculs de dimensionnement avant de louer la pelle, je vous recommande la bible technique de Bruno Herzog : Le puits canadien C’est l’ouvrage de référence pour ne pas se tromper
⚠️ Attention à votre sécurité : Une tranchée de plus de 1,30 m de profondeur présente un risque réel d’éboulement. Ne descendez jamais seul dans une tranchée non blindée, surtout si le terrain est humide ou instable. La sécurité passe avant les économies !
Mon conseil d’expert après 8 ans : stabiliser les regards
Lors de mon installation, je n’avais pas maçonné le socle sous mon regard de point bas. Avec le temps et le tassement naturel du terrain, le regard a légèrement bougé. Malgré les joints, ce mouvement a créé une micro-ouverture où l’eau du sol s’est infiltrée après 7 ans. J’ai dû tout déterrer pour stabiliser la base. Mon conseil vital : maçonnez toujours une petite dalle en béton (une semelle) sous vos regards pour qu’ils ne bougent jamais. Cela garantit une étanchéité parfaite à vie.
Le risque radon et l’étanchéité des regards

Pose du regard de visite : l’élément clé pour la maintenance et la gestion des condensats du puits canadien.
Le radon est un gaz radioactif présent naturellement dans le sol. Pour s’en protéger, il est impératif d’adopter ces mesures de sécurité :
- Bannir les puits perdus en gravier qui laissent passer les gaz.
- Préférer des regards rigides totalement étanches posés sur une semelle stable.
- Installer des [joints certifiés IP68] sur chaque connexion.Cette barrière hermétique empêche le gaz et les infiltrations d’eau de polluer votre air intérieur. Je fais un point complet sur la sécurité et la gestion du radon à 08:48.
Fonctionnement avec la VMC et le chauffage
Récupérer les calories du poêle à bois
Le puits canadien travaille main dans la main avec la VMC double flux. L’air arrive à 12°C et récupère encore des calories via l’échangeur de la machine grâce à la chaleur produite par mon poêle à bois. C’est un système de chauffage naturel ultra performant qui complète parfaitement l’isolation des murs de la maison. Je vous montre comment l’air est distribué dans toutes les pièces à 14:55.
Comparaison avec la VMC simple flux
Si votre configuration ne permet pas de poser un échangeur thermique, sachez qu’il est aussi possible de coupler ce système avec une VMC simple flux. Dans ce cas, la ventilation aspire l’air du puits par dépression. C’est une solution moins coûteuse à l’installation mais qui ne permet pas de recycler la chaleur intérieure comme le fait le modèle double flux. Le choix dépendra de votre budget et de vos objectifs d’économies d’énergie sur le long terme.
Entretien : comment économiser sur les filtres VMC ?
L’entretien d’un puits canadien est crucial pour la qualité de l’air, mais les blocs de filtres officiels coûtent souvent très cher.
Comment fabriquer ses filtres VMC soi-même ?
Mon astuce pour diviser la facture par dix est simple : n’achetez pas les cassettes complètes. J’achète directement du média filtrant en rouleau que je découpe aux dimensions de mes cadres de VMC. C’est exactement le même pouvoir filtrant pour une fraction du prix.
Quel média filtrant choisir pour son puits canadien ?
Pour une filtration efficace et économique, vous avez besoin de deux types de médias :
- Filtre G2 (Pré-filtration) : À placer dans la borne d’entrée extérieure. Vous pouvez trouver le rouleau de média G2 ici sur Amazon.
- Filtre G4 (Filtration fine) : À placer à l’entrée de votre VMC. J’utilise ce média filtrant G4 haute performance.
En préparant vos filtres pour plusieurs années en une seule fois, vous divisez réellement votre budget entretien par dix.
Est-ce que l’entretien du puits canadien est difficile ?
Non, c’est très accessible. L’entretien se résume à changer les filtres deux fois par an et à vérifier qu’il n’y a pas d’eau dans le regard de condensats. C’est tout ce qu’il faut pour garantir un air sain.
Peut-on installer un puits canadien sur un petit terrain ?
Oui, c’est possible ! Si vous n’avez pas 50 mètres de terrain en ligne droite, vous pouvez installer la gaine en faisant une boucle autour de la maison ou en posant deux tuyaux de 25 mètres en parallèle.
Tableau récapitulatif des performances attendues
À noter : En mode été, on parle souvent de puits provençal. Le principe est le même, mais l’objectif est de rafraîchir sa maison naturellement sans climatisation énergivore.
| Paramètre technique | Valeur recommandée | Bénéfice constaté sur 10 ans |
| Profondeur de pose | 2,20 mètres | Inertie thermique de 13°C stable |
| Longueur de gaine | 50 mètres | Échange thermique air/terre optimal |
| Pente d’évacuation | 2 % minimum | Aucun problème de condensation |
| Température hiver | Entrée à 12°C pour -7°C dehors | 19°C de gain thermique gratuit |
| Température été | Entrée à 18°C pour 32°C dehors | 14°C de rafraîchissement naturel |
Conclusion : l’installation d’un puits canadien en vaut-elle la peine ?
Après 10 ans d’utilisation, le bilan est sans appel : le confort thermique est incomparable et les économies d’énergie sont réelles. Installer un puits canadien soi même demande de la rigueur lors du terrassement, mais c’est un investissement rentable et écologique pour toute la vie de la maison.
L’installation d’un puits canadien est souvent la première étape d’une rénovation énergétique. Si vous prévoyez ensuite de redistribuer vos pièces, consultez mon guide complet pour monter une cloison placo comme un pro et isoler parfaitement vos nouveaux espaces.
Vous avez un projet en cours ou une question sur le terrassement ? Laissez-moi un commentaire ci-dessous, je réponds à tous les bricoleurs !






